Another year

•24 décembre 2009 • 2 Commentaires

Meaningfull

Voila, ça fait maintenant un an. Tout pile. 365 jours finalement c’est presque rien à l’échelle d’une vie. Presque rien du tout. Un an depuis l ecriture de la derniere page a l autre bout du monde. Une histoire exceptionnelle et pleine de rebondissements ; et puis une histoire tristement banale en même temps, une intrigue vieille comme le monde, où les traits des personnages sont forcés. Comme dans ces bouquins qu on commence mais qu on finit jamais. Trop plaintif, trop mièvre, trop caricatural, trop adolescent. Ceci dit, l originalite c est que pour une fois, ca finit mal.

Avoir du recul sur les choses, c’est finalement assez cruel. Revenir sur quelque chose qui nous a tant marquer, qui nous a fait tomber de si haut, qui a pris toute la place dans notre vie… Voir ca de loin maintenant, 365 petits jours plus tard, c’est horrible. La douleur s’est apaisée, on peut se laisser aller à se souvenir, peut être même sourire, revoir d’un coup d’oeil les photos qu’on s’était interdit de regarder. Vivre certains jours sans y penser. Revenir sur terre. Se revoir avec le regard désabusé de l’historien, de celui qui sait ce qui s’est passé mais qui n’a pas l’impression de l’avoir vécu. Se retrouver face à la réalité: cette tempête d’émotions et de sentiments violents s’en est allée, laissant derrière elle une eau calme, plate et un peu trouble. Un putain de lac quoi.

Regarder en arrière, avec du recul, c’est se retrouver face a la banalité fatale de nos vies. J’ai beau essayer de mettre de la magie partout où je peux, de transformer cette periode de mon existence en grande épopée, ces trois minuscules mois en Histoire, je ne peux pas aller plus loin que la réalité, une fois que tout a bien reposé. Parce que l’amour c’est finalement la chose la plus banale de la terre; tout le monde tombe amoureux comme tout le monde mange, boit et dort. Et en plus -attention, formidable message d’espoir aux coeurs brisés – on tombe amoureux comme on va aux toilettes (ca c’est un peu hard je reconnais)… C’est pas parce qu’on y est allé une fois qu’on va pas y retourner. Selon toute vraisemblance, et ce quoi qu’il ait pu arriver, on finit par retomber dedans. Et c’est horriblement banal.

Mais c’est comme ca que ca se passe. Froide réalité… On a beau se dire qu’apres une telle chute on y arrivera plus jamais, qu’une peine aussi profonde ca laisse des traces indélébiles. Oui, c’est vrai. Mais de la même façon qu’il n’y a que rarement de fidélité dans l’amour, il n’y a que rarement de fidélité dans la douleur. Cette douleur c est tout ce qui reste quand il n y a plus rien. Alors on regarde cette magnifique cicatrice et on y devine le visage de celle qu on a aime. On est tenté, comme je l ai ete, de s accrocher a cette belle stygmate.

C’est bien? C’est pas bien? Je joue le malade qui n’est pas satisfait d’être – peut-être – guéri?

Voir partir la douleur, impuissant, c’est accepter l’idée qu’elle n’était pas si grande que ça. C’est dur ça. C est l oeuvre du temps. Qui nous rappelle comme toujours que rien ne lui resiste. Qui nous rappelle que même la douleur tièdit. Plus que l’amour même, la douleur on la ressent avec violence; comme le vent on ne la voit pas mais elle nous fouette si fort qu’on en tombe bas, très bas, au fond. Et ca aussi, ca finit par s’estomper. C’est tellement banal. Quoi qu’il advienne, une petite éponge efface inexorablement le grand tableau noir. Quelle connerie le temps.

Bien sur, tout ca, je pourrai le tourner dans l’autre sens, et c’est d’ailleurs ce qu’on entend le plus souvent. “Mon dieu, le temps c’est magnifique, ca guérit tout, ca nous fait oublier la douleur, ca nous permet de “passer à autre chose”, de renaitre”. Mais allons au bout du concept et n’oublions rien. Il nous fait aussi mentir, nous parjurer. “Je ne t’oublierai jamais, je t’aimerai toujours.” PS : au bout de quelques temps, je penserai un peu moins à toi et je laisserai le temps eroder notre amour, impuissant. Parce que si le temps fait passer la douleur, s’il apaise les sentiments, il fait aussi passer l’amour. Il polit la passion. Il érode la vie. Il nous rend lisses. Plats. Lui qui peut nous faire renaitre de nos cendres nous y envoi directement, personne ne peut dire le contraire. Quelle connerie le temps.

S’enerver contre le temps, c’est pas très constructif. Mais ça m’énerve pareil. Le fait est que 365 jours ont passe et ca fait moins mal. Elle est toujours là, certains jours plus que d’autres, mais le signe de sa présence faiblit. L’indice, c’était la douleur. La voir disparaitre, c’est la voir disparaitre.

Et puis, le noeud du problème, c’est que je me sens coupable. Je me sens coupable et j’en veux au temps. Mais la vraie raison, c’est que j’ai rouvert les yeux. C’est que j’ai peur de l’oublier parce que j’ai peur de la remplacer. Avoir peur de la remplacer, c’est déjà envisager de le faire. Et c est peut etre ce qui se passe. Il y a quelques jours, j ai revu ce que je n’avais plus aperçu depuis 365 jours. Et je m’en veux. 365 jours, c’est rien, alors qu’elle était tout. Mais voila, j’ai vu des yeux, un nouveau sourire, un nouveau rire, un nouveau coeur. C etait vraiment beau. Pas de quoi s’affoler, ces yeux la ne me voient pas vraiment. Peu importe, l’important c’est la route, pas la destination. Aujourd hui j’ai envie de rouler à nouveau. Et j’ai envie de rouler le temps qu’il faudra; le coffre chargé bien sur, et les fenètres grandes ouvertes.

Un an, c est ce qu il aura fallu pour que le temps fasse son sale boulot. Le tableau est presque vierge maintenant. Et tout ca pour quoi putain? Toute cette annee de souvenirs destructeurs, de theories pour essayer de comprendre. Tout ca pour quoi au final putain. Pour que le temps efface tout ca au bout d un an?
Et sans doute recommencer un jour le meme cinema. Rejouer la meme histoire en changeant legerement les personnages… Pfff…

J ai bien fait de me faire tatouer.

Answering machine

•5 septembre 2009 • Laisser un commentaire

Longue période d’inactivité sur le blog due à une longue periode d’activité dans la vie. Nul doute que tout cela va se calmer, et que je pourrai enfin prendre un peu de temps pour écrire. D’autant que j’aurai encore beaucoup de choses à étaler ici, en plus de tout ce que j’ai laissé en friche comme la deuxième partie du post “Je me souviens”.

Alors a très bientot !

Je me souviens – part 1

•22 juillet 2009 • 3 Commentaires

Je me souviens très bien m’être dit, alors que j’étais encore sur le siège 16D du vol Air Transat qui me ramenait à Nice, que j’aurai bien des choses à raconter sur mon dernier voyage - et ce, à peine mon premier pied posé sur le sol niçois. Servir le plat alors qu’il est encore chaud, déballer mon stock d’impressions et d’histoires à vous tous le plus vite possible, en vrai ou sur ce blog. Et puis je me souviens très bien aussi, entre deux relans d’un fumé de transpiration tenace directement issus des aisselles de mon voisin (peut être pour cela que je m’en rappelle si bien d’ailleurs) – je me souviens donc avoir hésité. Hésité entre livrer tout à chaud, ou bien laisser reposer tout ce que je ressentais et avais ressenti. Pour ne pas me laisser porter par l’euphorie, “le feu” pour reprendre un terme déjà utilisé. Il est des choses qui parfois ont besoin de murir pour pouvoir en extraire le meilleur, pour ne pas se tromper. Et puis un peu de recul ne tuera jamais personne. Quand on plaque sa main devant ses yeux, on ne voit rien alors que celle-ci ne pourrait pas être plus proche de notre vue. J’ai donc finalement choisi d’attendre avant de livrer tout ça.

Cela fait maintenant 15 jours que je suis revenu, et il est temps pour moi d’essayer d’exposer cette expérience unique puisque personnelle, mais que beaucoup avant moi ont du vivre. Certes, retranscrire des émotions, c’est pas ce qu’il y a de plus facile et je ne suis pas Baudelaire… Et de la même manière qu’au dernier moment j’ai décidé de ne prendre aucune photo de mon séjour, je ne dirai pas tout, il y a certaines choses que je garderai pour moi. Ce petit compte rendu ne sera pas exhaustif et n’a pas vocation à l’être. Beaucoup de choses resteront entre moi et moi-même ou bien entre moi et les personnes que j’ai cotoyé. Et puis parfois, les mots ne rendent que très peu justice à ce qu’ils expriment (je sais plus si c’est du Depeche Mode ou du Henri Bergson, mais peu importe!). Quoi qu’il en soit, je ne résiste quand même pas à écrire quelques impressions sur ce blog. Partage ou exhib, je vous laisse seuls juges. Tant, ca revient au même.

Pour démarrer, et vous vous en doutez, je suis arrivé là-bas avec l’impatience d’un gosse un matin de noel. L’attente devenait longue et difficile, 2 ans que je n’étais pas retourné là bas, mais c’est aussi cela qui fait le charme de ces moments. Je ressentais le même enthousiasme qu’un enfant qui s’apprete à se jeter sur son cadeau, mais également la même petite angoisse quant au contenu de celui-ci… On est – à quelques exceptions prets – tous passé par là; un gros paquet à Noel ca fait plaisir, mais si à l’interieur y’a une collection de “mon petit poney”, ben c’est quand même moins sympa (croyez moi). Pour ma part, je savais que j’allais être content, l’a priori était très bon mais je n’étais pas certains de ma réaction une fois face au sapin. Bon j’arrète la métaphore je sens qu’elle va être difficile à filer…  

Pas certain de ma réaction car cette fois-ci était un peu différente des 3 dernières. Si j’ai toujours adoré me rendre à Montréal, je n’avais jamais vraiment eu le projet concret d’en faire ma ville d’adoption. C’est donc avec les yeux et les capteurs emotionels d’un futur immigrant que j’ai atteri à l’aéroport P-E Trudeau, d’où une légère pression ressentie – juste après ma première cigarette depuis environ 10h – à peine embarqué dans le bus qui m’emmenait au centre ville…

to be continued ;)

Oups

•16 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Bien, j’ai eu le temps de relire le post “enter sandman” sur mes insomnies récentes – écrit d’ailleurs durant l’une d’ellle – et j’ai décidé de creer spécialement une catégorie “mauvais post”. Apres quelques heures de sommeil la nuit dernière je me suis rendu compte que ce poste était franchement pas gégé.
J’ai hésité à le supprimer carrement, mais ce ne serait pas vraiment honnète, après tout on est responsable de ce que l’on fait de bon, comme de ce que l’on fait de mauvais. C’est cela qui creer une personne. Et aussi un blog!

Enter sandman

•15 juillet 2009 • 2 Commentaires

Les vacances sont passées, me voici donc de retour, pret à aborder de nouvelles semaines de travail, épanouissantes, stimulantes et passionantes; autant d’adjectifs qui rîment avec un autre, plus court, plus proche de la réalité et qui se rapporte à la merde. Mais on en a déjà parlé.

Ceci dit, la bonne volonté est là, on va donc faire de son mieux pour éviter de se programmer des journées pourries avant même qu’elles ne se déroulent. J’ai de la ressource et des objectifs, cela me suffit en général à maintenir le cap. Mais, oh surprise, tout cela aurait été valable sans compter sur le retour d’une vieille amie, une vieille connaissance plutôt que j’essaye de tenir loin de moi, mais qui reussit toujours à débarquer au moment où je m’y attends le moins. Dans le genre “relou”, j’en connais pas de pire. Elle me fatigue. Son mode opératoire est simple: elle se pointe chez moi sans prévenir. Et cette fois, j’ai comme l’impression qu’elle s’est trouvée de nouvelles raisons pour y rester un bon moment. A croire que je lui plais plus qu’elle ne me plait – c’est sur en fait - mais elle a bien du mal à déchiffrer mes signaux… Croyez moi, j’essaye d’être clair mais ca ne fonctionne pas du tout, les seuls moments de répis qu’elle m’accorde étant ces derniers temps les soirées où je suis trop alcoolisé pour lui tenir compagnie. Pour l’instant, une des seules excuses qui marchent! Le problème, c’est que je n’arrive pas la foutre dehors, j’en ai pas la force. Et puis ce n’est pas dans mes habitudes.

Bon, dit comme ça, cela peut préter à sourire, mais je me suis rendu compte avec le temps que son petit manège était pernicieux. Quand elle s’installe, rien ne peut la faire partir, pas même une attaque chimique!  Un vampire qui boirait tranquillement des shots d’eau bénite… Quand elle est là, tout semble différent, exacerbé. Ce qu’elle met dans ma tête, la façon qu’elle a de me faire douter de tout… Elle me fait revenir en arrière et répète des histoires qui dorment en moi, des histoires qui ne doivent pas se reveiller. Elle, plus que de les reveiller, elle les prend, les retourne, les maquille de noir, et me les jette en pleine face. Elle, elle exagère tout. C’est une illusioniste, elle m’emmene dans des endroits où je ne veux plus retourner; des lieux à l’envers, lointains ou proche, mais toujours maudits. Et puis, quand elle finit par partir et m’accorde un peu de repos, je sais qu’il me faudra du temps pour calmer les esprits frappeurs qu’elle a abandonné ici, et qui m’accompagnent dès le lendemain. Je crois que quelque part elle le sait, et qu’elle fait tout cela à dessein. Ca l’amuse. Moi beaucoup moins.

Ce soir elle est encore venue. J’avais d’autres plans, mais elle s’est incrustée. A l’heure où je vous parle, elle est à coté de moi; et apparemment elle n’a pas prévu de partir … Tiens, elle me demande de saluer certains d’entre vous. Oui, elle connait beaucoup de monde parait-il.

J’ai beau me plaindre, et si j’utilise mes dernières ressources de lucidité, je crois cependant savoir pourquoi elle se sent libre de débarquer chez moi sans que je l’y invite. Je crois savoir pourquoi je n’arrive pas à la foutre dehors une bonne fois pour toute. C’est peut-être parce que quand elle frappe, je lui ouvre. C’est peut-être parce qu’elle est la seule à me donner une bonne excuse pour reveiller les morts, pour rouvrir les plaies, celles qui font du bien parce qu’elles font mal. Parce qu’elle sait qu’au fond, en me piègeant sur mon canapé, ici, dans le noir, elle peut m’aider à accepter. 

Peut être que si elle reveille les souvenirs, les gens, les sentiments, c’est justement parce qu’ils ne doivent pas dormir, mais mourrir. Et peut être que la prochaine fois j’essaierai d’écouter un peu mieux ce qu’elle a à dire. Et peut être que, lorsque j’aurai vraiment compris pourquoi elle se doit venir, cette fois, je pourrai m’endormir.

House, MD (My Daddy?)

•13 juillet 2009 • 1 Commentaire

 

 

A

Aujourd’hui, je voudrais vous faire partager une remarque que je me suis faite recemment; alors ca n’est peut être pas forcement interessant pour tout le monde, mais ma foi un blog ca sert aussi à ça.

Vous avez peut être remarqué que dans la vie, la recherche de figures paternelles de substitution peut parfois prendre des formes étranges, voir surprenantes. Non pas que nos chers papas ne nous suffisent plus, mais il est assez commun dans la nature humaine d’essayer de se composer soi même son père idéal (ou ses pères ideaux) en piochant de ci de là les qualités que nous estimons être celle d’un bon père. Tout cela commence très tôt et un peu à notre insu. Ce besoin est plus ou moins fort selon les personnalités et surtout selon l’histoire de chacun. Cela peut se porter sur un membre de la famille, un professeur… ou bien sur la télévision.

Pourquoi parler de cela, et bien tout simplement parce que ça m’a sauté à la gueule récemment. Et en revenant un peu en arrière, on comprend mieux. Le petit écran possède ce pouvoir magique, celui de nous offrir un large choix d’images du père parfait.  Pas trop encombrant puisqu’irréel, et juste assez cristallisé pour ne jamais avoir à en écorcher l’image. Et surtout consommable à volonté selon les besoins, au rythme d’un “shoot de bon papa” par semaine selon la figure et la série ou le film choisi.

Rappellez vous lorsque nous étions plus jeunes, la télé nous a toujours donné l’embarras du choix, et c’est ainsi que l’on peut comprendre le succès de quelques personnages comme Charles Ingalls, Bill Cosby, Tony Danza, Mc Gyver… qui même après plusieurs années restent toujours des références paternelles dans l’imaginaire collectif. Imaginez-vous être le gamin de Mc Gyver… existe-t-il un meilleur père que lui pour un gamin de 8 ans? Capable de gérer toute les situations uniquement avec sa tête et un couteau suisse. (Couteau suisse ou plutot ”phallus neutre” si on suit Freud. L’image lui va bien finalement…Parenthèse inutile refermé). Bref, hyper rassurant pour un gamin, qui a l’occasion de voir en Richard Dean Anderson un père qui incarne toutes les valeurs du bien, un papa version “héro qui ne perd jamais”, alors que la réalité est forcement bien différente. Mon père par exemple ne peut pas désamorcer une bombe atomique avec un chewing-gum; pfff le nul…

Bon quand on est gosse, tout ça se comprend. Mais qu’en est-il aujourd’hui, dans un monde d’adultes ou personne ne veut vraiment le devenir? Avons nous toujours ce même besoin de se creer un père imaginaire et idéal à plus ou moins 30 ans passé? Il me semble que oui. Et là aussi, la télé est présente pour répondre à la demande. Et notre imaginaire aussi! Ne vous est-il jamais arrivé de tellement regarder une série tv par exemple qu’au bout d’un certain temps, vous aviez l’impression d’y vivre carrement? Vous est-il même arrivé d’en réver? Je suis sur que oui. That’s what i’m talking about.

Combien d’entre nous sont fans du Dr Gregory House? Moi j’en suis un, et j’ai recemment compris pourquoi ce personnage me fascinait tant, alors qu’il est au choix triste/cynique/méchant/nonchalant ou encore carrement toxico. A priori, aucun de ces attributs n’est particulièrement attractif et pourtant les faits sont là : mon record, 6 épisodes de Dr House dans une journée. D’affilé. Ce qui fait 6x40mn, soit 240 minutes, soit 4 heures. Comme bien des gens, je suis devenu accro, c’est un peu ma Vicodine. En France sur TF1, à chaque passage, c’est près de 8 millions de personnes qui la suivent fidèlement. Je me suis dit que ca devait cacher quelque chose, alors voila ce que je pense.

House, c’est le père parfait, et c’est pour ça qu’on l’aime. Ca peut paraitre un peu étrange dit comme ça, mais je crois que pour un adulte comme moi ou comme certains d’entre nous, c’est de cette manière que nous le voyons. On l’admire pour ses capacités, il nous rassure, c’est un personnage brillant et assez “génial”. Mais d’un autre coté, on a de la peine pour lui, sa souffrance nous rend proche de lui, c’est un humain comme nous, c’est à la fois un héros et un anti-héros. Il nous fait rire et un peu peur en même temps. La figure du médecin est déjà très forte et connotée, certes, et surtout dans son cas, la confusion enfant/patient est assumée. Mais sans les mièvreries et la guimauve d’un Charles Ingalls, c’est sans concession. C’est aux adultes qu’il parle. On peut se reconnaitre dans certaines valeurs qu’il représente, des valeurs que l’on voudrait avoir. Cette intransigeance vis à vis de la vie, de la vérité, mais aussi de la souffrance, ca me parle. Le reconnaitre comme père de substitution, c’est un peu se réclamer de ses qualités, et franchement c’est plutôt gratifiant.

D’autres parts, son personnage est complexe, mais tout le monde peut le comprendre. On nous montre un héros qui souffre, juste humain. Il a beau être un personnage de fiction, lui est imparfait donc potentiellement réel. Et je crois également que le choix des trois jeunes medecins qui l’entourent n’est pas anodin pour renforcer ce sentiment. Eux en tout cas le considère comme tel, un père sévère mais juste, détenteur de la vérité qu’aucun d’entre eux ne maitrise vraiment. Il a beau être méchant (souvent) et politiquement très incorrect (toujours), il est l’incarnation de la justice à tout prix, j’insiste, sans concession, sans les formes.

Je crois que ce que je détestais par dessus tout étant enfant, c’était l’injustice. Les règles arbitraires et non justifiées, non comprises. House c’est l’arbitraire qui sauve, un arbitraire que l’on peut comprendre arrivé à l’âge adulte; c’est celui qui sait à notre place, celui qui protège. Et finalement, il y a un peu de Charles Ingalls, de Mc Gyver en lui (bon peut etre pas de Tony Danza…).

L’élaboration de ce personnage est finalement très adroite. Je veux dire par là que si moi j’y vois les qualités d’un bon père de substitution pour adultes, d’autres peuvent y voir autre chose, car il ne laisse personne indifférent. Cela peut aussi être pour une femme un peu plus agée un mari fragile mais réconfortant, dur mais toujours juste et fidèle qu’on a envie de serrer dans ses bras pour le proteger. Mesdames, mesdemoiselles, confirmez ou infirmez s’il vous plait. C’est là tout le génie des créateurs de ce personnage atypique et aggressif à première vue, mais extremement fédérateur au final. Il est peut être un personnage détestable parfois, mais au fond tout le monde l’aime.

Finalement je crois donc que c’est ca qui nous attire dans les séries, les films qui l’on aime. C’est l’identification, ou la projection de notre réalité sur les personnages. Ou plutot de leur fausse réalité sur la nôtre! On va faire un jeu: faites la liste dans votre tête des personnages de fiction pour lesquels vous avez une affection particulière, ou ceux qui vous ont le plus marqué. Et maintenant essayez de voir à quoi ou à qui ils vous ramènent. Ce que vous attendez d’eux. Je suis certain que chacun d’entre nous est capable de se reconstituer une famille imaginaire à base de personnages TV. Vous allez voir, c’est très amusant! N’hésitez pas à faire part de vos conclusions dans les commentaires. Je pense par ailleurs que cela peut être très révélateur du fond d’une personne!

Quant à moi je vous ai déjà donné quelques éléments ;) Puis je tiens à préciser que je ne considère pas House comme mon père, au cas ou certains s’inquièteraient de ma santé mentale. On parle bien de figure de substitution! J’ai hâte d’avoir vos avis !

Into the Fire

•16 juin 2009 • 10 Commentaires

J’aime le feu. Parce que c’est beau, parce que c’est chaud ; parce que ca peut te sauver la vie. J’aime le feu parce que c’est dangereux, parce que ca brule, parce que ca peut te tuer et que tant qu’à mourir, mieux vaut mourir par lui.

Mais je le hais autant que je l’aime parce qu’il finit par s’éteindre. Et ça, ça m’emmerde.

Avouez, vous saviez bien que tout ça allait finir par être évoqué pas vrai? On va donc plus précisement s’arreter sur ce dernier constat, l’extinction annoncée et inévitable. Le danger, la douleur, mélangés à la chaleur et la beauté, tout ça on en a déjà parlé, c’est du taboulé. 

Je ne veux mettre personne mal à l’aise, mais j’me lance: partant de ce principe, je doute profondement de la viabilité d’un couple dépassé un certain temps. Voilà, je le balance un peu abruptement, même si autour de moi certains exemples pourraient me convaincre du contraire; mais c’est un sentiment que j’ai depuis quelques temps et plus j’avance, plus cette idée à tendance à s’installer dans ma tête. Bon par contre, s’il vous plait, de grâââââce, je sais que ce sujet peut faire réagir, je dirai même que je fais un peu de provoc’; mais pitié, ne me ressortez pas l’éternel “tu dis ca maintenant, mais tu verras quand tu rencontreras quelqu’un…” C’est probablement vrai, et je sais tout ça. Soyez sympa, ne me prenez pas pour un âne. Ce n’est pas parce que je risque de changer d’avis sur un sujet que je dois pas donner celui que j’ai actuellement. Aussi non, ca servirai à rien d’ouvrir sa gueule. Jamais.

Warning: avant d’entrer dans le vif, et pour éviter tout problème, j’insiste sur le fait que je n’érige pas mon avis en vérité générale. Je ne pense pas que les couples qui durent, durent pour de mauvaises raisons. D’ailleurs ce sont ceux là même qui me font m’interroger sur la question.  A partir d’ici, c’est comme si vous aviez coché la case “j’approuve” avant de continuer.Vous êtes prévenus!

Alors voilà, je suis certain que chacun d’entre nous, avec ses experiences, ses aventures, ses relations qui ont durées ou pas, est capable de se remémorer la douce violence des émotions du début d’une relation, les moments du “juste avant” et “du juste après” l’évènement qui fait qu’on sait que ca y est, c’est parti. La découverte de ses propres sentiments et de ceux de la personne convoitée. Le temps passé à déchiffrer les codes. Ceux qui existent vraiment, et puis ceux qu’on s’invente. La boule au ventre avant de la voir. L’impatience. La peur aussi, l’appréhension, l’attente d’un coup de fil, d’un sms, d’un mail. De n’importe quel signe qui nous rassure quant à l’interet de l’autre. Et puis ces signes arrivent…on se sent d’abord flatté, surpris, et puis un peu euphorique. Les gestes aussi. Les mains, les lèvres. Tout ca arrive, et on persiste à se dire parfois “non mais c’est pas possible, elle est trop jolie pour moi” ou bien ”j’y crois pas, il pourrait se taper des nanas 10 fois plus belles que moi” (notez comme je varie les genres, histoire que tout le monde se sente concerné…). Les mécanismes de défense se déclenchent juste par principe, mais on sait bien qu’il est déjà trop tard. Alors, on s’approche un peu plus, on joue avec ce feu, on se laisse hypnotiser. Et ca marche. Le reste n’est que laisser aller, regards intenses et pulsations cardiaques proches d’un rythme de métal. Et un peu de transpiration aussi. Vous le sentez la? Tout est pret. C’est alors que vient le moment où on sait qu’on y va tout droit. C’est le meilleur celui la. Peu importe finalement comment ou pourquoi, une étrange synchronicité a permis que d’une manière ou d’une autre, le rapprochement s’est opéré et ca y est: voici la période dorée, l’eldorado touché du doigt, le gratoir frotté par l’allumette! 

“Pleased to meet you,  hope you guess my name.”

I do. Tu es le feu.

Maintenant fermez les yeux et revivez ce moment. Non je déconne. Quand le feu arrive, (attention je vais exagerer) aucune émotion n’est comparable. Rien n’arrive à la cheville de ça. Oui j’en fais des tonnes, ca fait carrement cliché fleur bleu/mauvaise chanson de Bryan Adams (y’en a), mais quand même. Merde, pas besoin de tergiverser, on l’a tous vécu, ce moment est immense. Mais à durée variable. J’imagine que notre coeur ne pourrait pas tenir le choc de le faire durer toute la vie. Le lâche! Tout ça pour dire qu’au bout d’un certain temps, sans qu’on le choisisse, la tension baisse. Le courant est toujours là, mais subitement on a peur de griller les ampoules. Pourquoi?

J’en sais vraiment rien en fait, je pose la question. Si vous le savez dites le moi.

Ce qui me pose un problème, c’est que comme la plupart des gens, je préfère vivre des trucs intenses plutôt que des trucs tièdes. C’est con à dire, mais fatalement, un plat chaud refroidit. Et quand c’est froid c’est pas bon. Idem pour un couple.                                                                                                                                                                                                                                                Bien sur le tiède peut être satisfaisant: s’installer ensemble, couler des jours tranquilles après avoir acheté un appart, pris un chien ou un chat… et peut etre mis au monde un enfant (ca croyez moi on en reparlera). Je suis d’accord sur l’idée de devoir faire des concessions quand on se rend compte que la personne qui nous a fait tant vibrer n’est pas aussi parfaite que ce qu’on avait imaginé. J’ai vécu ces périodes, et je les ai adoré. C’est tout cela qui m’a conduit vers le mariage. Et j’en suis fier. Je le referai. Mais aujourd’hui, je me demande pourquoi il faudrait absolumlent lier la notion de qualité à la notion de quantité, de durée. Pourquoi ne pas tout simplement s’arreter de boire quand on a plus soif?

Est ce que les sentiments ne sont rassurés que si la durée fait partie du deal?

Finalement, pourquoi choisir de continuer quand on se dit, et on se le dit tous à un moment donné : “ca me brule plus… mais c’est bien quand même”. Alors oui, la complicité, la proximité, les projets… Ce sont de belles choses, vraiment. Et les habitudes? Les engueulades inutiles… oui, vous savez de quoi je parle; quand on est enervé par la journée ou par n’importe quoi d’autre et qu’on le fait subir à son/sa partenaire juste parce qu’il/elle est là. Quand il/elle nous enerve, mais qu’on sait pas vraiment pourquoi. Tous ces sentiments noirs, bien puant. Quand l’un des deux prend le dessus, qu’on ne sait plus vraiment si la vie qu’on mène est celle que l’on a voulu ou que l’autre à voulu.  C’est un peu dur ce que je dis. Ces choses là n’arrivent pas toujours. Mais pourquoi prendre le risque qu’elles arrivent…Le feu ne connait pas tout ça.

 Je sais qu’à 30 ans on ne voit pas les choses de la même manière qu’à 40, et certains d”entre vous me diront que l’âge, l’experience me feront voir les choses autrement. Que le bonheur n’est pas dans l’extrême mais dans l’équilibre. Possible, d’ailleurs j’y croyais sincèrement il y a encore peu de temps… Mais j’allais dire CQFD. Si l’être humain a cette capacité de changer, de se “modifier” avec les années et l’experience (dieu merci), on est donc pas la même personne à 25 ans qu’à 35. Alors il est impossible que les deux personnes qui forment l’entité couple évoluent de la même façon, à la même vitesse et continuent ainsi de regarder dans le même sens. Comment peux t on avoir les mêmes envies, les mêmes sentiments pour une personne alors qu’on a, de fait, changé? C’est d’ailleurs selon moi la principale cause de rupture. On a beau être en couple, notre évolution se fait individuellement, et forcement en décalage avec celle de l’autre. Fatalement, et tous sentiments mis à part, la personne “qui nous a mis le feu” quelques années en arrière n’est plus la même aujourd’hui. Et personne n’est à blamé pour ca, c’est juste comme ça que ça se passe.

Moi je ne veux pas de ça.  Je ne veux pas m’habituer à sa présence. Je veux garder la boule au ventre quand je la vois. Je veux rester un ado dans ma tête. Dans la pratique, cela voudrait dire qu’il faudrait quitter la personne dès que tout devient “normal”. Donc partir alors qu’on est encore un peu chaud. Difficile sans doute. Facile à écrire, mais horrible à faire. J’suis pas sur d’en être capable d’ailleurs. Ceci dit, faut-il rester pour autant?

Bref, pour finir ce billet extremement long et je le répète un peu provoc’, le seul choix qui s’impose à nous est le suivant : accepter la fatalité de voir flétrir ce feu qui brule en nous lorsqu’on aime, ou refuser et en assumer les multiples conséquences. Vous savez maintenant où je me place. Et vous?

Literal version

•14 juin 2009 • 2 Commentaires

Ne passez surtout pas à coté de cette superbe version litérale du clip de Bonnie Tyler, Total Eclipse of the Heart. En gros, cette bande de tarés change les paroles de la chanson et chante à la place ce qu’ils voient dans le clip. C’est à mourir de rire!

 

Chapitre 1, la métaphysique du Taboulé

•12 juin 2009 • 5 Commentaires

 

L’anthropologie du célibataire est un sujet dans lequel je me suis plongé (un peu malgré moi) récemment, après quelques (longs) mois d’errance sentimentale dans l’hémisphère sud. Ayant retrouvé à présent une grande partie de mes facultés à vivre – seul – , tout ca s’est donc imposé à moi. Il faut dire qu’une fois assumé, ce statut demeure l’un des sujets de conversation les plus prolifiques qui existent. Pour éviter de vous infliger une nouvelle chronique sur le mode de vie du célibataire et tous les clichés qui vont avec, j’ai décidé de m’attaquer à certains aspects plus précis, et en l’occurence l’alimentation. La mienne quoi.

Je ne saurai expliquer vraiment pourquoi, mon “coup de coeur” du moment, c’est le taboulé. Non pas que je m’amuse à préparer la semoule, les tomates, les épices… non non. Je parle du vrai taboulé, dans une boite en plastique.  Celui qui vous laisse un gout particulier (de menthe?)pendant des heures au fond de la bouche. Comme dirai F. celui que tu “reproches pendant toute la journée”. Celui qu’on a forcement acheté une fois au supermarché, mais qu’on s’est juré de jamais racheter tellement c’était mauvais; jusqu’au moment où on oublie, et ca recommence.

Me voici donc il y a quelques jours à Carrefour, face à ces boites transparentes d’aspect bien industriel, poétiquement appelées “taboulé oriental”. De prime abord, on sent que la recette à vieillit. Manifestement, la tradition du taboulé a resisté à l’érosion du temps, mais n’en sort pas grandit. A ranger avec d’autres vieilles gloires comme la salade de riz.  A mes yeux, cette préparation a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Mais elle est toujours là. J’arrive pas à savoir si c’est bien ou pas. Allez savoir pourquoi.

Donc voila je suis là, conscient de tout ça, et pourtant, amnésie momentanée, vertiges, j’ai laisser le charme agir; je tends la main et j’en prends 4 boites d’un demi kilo. Vraiment intraitable.

Je rentre chez moi, les sacs de courses (lourds donc) à bout de bras. Je débarque devant mon frigo et prends la mesure de la démesure. 2 kilos.(sans vous commander, visualisez svp). Pourquoi autant? Ok, quand on est célibataire, on devient chercheur en facilitologie. Je pourrai bientot me vanter d’avoir un doctorat en “moinsjenfaismieuxcest”. Et pour ca, le taboulé, c’est quand même un must. Mais ce qui m’inquiete plus, c’est d’en avoir pris alors que, toutes proportions gardées, je trouve ca vraiment degueulasse. Mais vraiment.

Alors pourquoi?

Vous est-il déjà arrivé de faire quelque chose, alors que vous savez à la minute où vous le faites, que vous n’auriez pas du. Vous est-il déjà arrivé de prendre une décision qui pourtant va à l’encontre de votre bien être immediat. Vous est-il déjà arrivé de prendre un pari alors que tout vous dit que vous allez perdre. La réponse est oui, souvent même, pas vrai? Je me suis parfois retrouvé dans de telles situations, recemment d’ailleurs. Des situations où l’on sait que ca va faire mal, mais on y va quand même. On se dit que la dernière fois que c’est arrivé, ca a brulé (le coeur cette fois, pas l’estomac), mais qu’on s’en est remis et que tout va bien finalement. Et on recommence. Et on se plaint. 

Ca vous fait penser à rien? Moi si, terriblement.

J’étais toujours devant ses deux kilos de taboulé dont l’apparence aurait du me faire peur au supermarché, au milieu d’un milliard d’autres produits. Une recette trop vieille, dépassée je vous dis. Pourtant j’en ai pris, beaucoup; plus que de raison. Conscient, et pret à le “reprocher toute la journée”.

La semaine dernière d’ailleurs, j’en avais déjà acheté. Et la semaine d’avant aussi. Et bien sur, je m’étais juré de ne plus en prendre tellement ca m’avait brulé (l’estomac donc). Amnésie, vertiges, j’ai laisser le charme agir. Avec toujours cet arrière gout qui empeche d’oublier qu’on en a mangé ce midi. Et le jour d’avant. Tenace l’arrière gout. Vraiment tenace. Celui-la même qui rappelle que le taboulé, ca dure, même longtemps après l’avoir mangé. Parce que c’est difficile à digérer parfois. 

Alors voila, finalement je sais pourquoi. Le taboulé, c’est dégueulasse mais c’est bon. J’en mangerai tous les jours. J’oublierai à tous les coups. J’ai beau encore en avoir le gout dans la bouche, je pense que je vais encore en manger. Mais pas ce soir. Pas tout de suite. On va attendre un peu, le temps de digérer. Et puis la prochaine fois, je me demanderai encore pourquoi j’en ai mangé, parce que ca peut être vraiment dégueulasse.

Mais qui sait, le taboulé c’est peut être comme le vin. Peut être que plus on attend, plus il est bon…

I’m only a child

•12 juin 2009 • Laisser un commentaire

Regardez cette vidéo. J’ai pris une bonne gifle. J’suis pas fan d’ordinaire de ce type de messages, parfois un peu instrumentalisés et qui donnent dans la sensiblerie. Mais là, écoutez juste la voix de cette petite…
Ah et au fait… c’etait y’a 17 ans

 
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